SECTE

Depuis  quelques  temps, il ne se sentait  pas bien. Ayant vu des affiches placardées aux différents endroits de la ville, il décida de s’y rendre.
Le conférencier, connu pour ses compétences, aidait beaucoup de monde à conquérir  l’équilibre. Cela ne lui coûtait guère  d’essayer.  Aboulique,  le médecin  ne  pouvait plus le soigner.

Assis dans un fauteuil de la grande salle, il se mit à l’écouter. Cet  homme ne parlait  pas comme tout  le monde. Chaque  mot qu’il prononçait,  rentrait en lui pour l’apaiser. Il regrettait  simplement de ne pas l’avoir connu  plus tôt. Lui seul avait raison envers et contre tout. Détestant son entourage, il n’avait que le désir de suivre cet être qui deviendrait son guide. Convaincu,  il pouvait  avancer  dans  la justesse,  en direction de l’avenir.

Ayant supprimé tous les aliments, ne gardant que le pain, il se sentait de mieux en mieux, depuis quelques semaines. Certes, depuis sa plus tendre enfance, sa grand-mère le gavait du matin  jusqu'au soir.  C’est ainsi que la maladie s’empara de lui, le serrant très fort dans  ses bras.  Maintenant  son organisme  s’épurait, son esprit s’éclaircissait. La valeur de cet homme se confirmait. Il lui expliquait que la viande et tous les produits  animaux étaient cadavériques.  Ces aliments morts ne pouvaient engendrer que le mal-être. Il retrouvait  l’appétit, ne mangeant plus que du pain, le symbole de la vie.

Un jour, il lui conseilla de la lecture pour le rassasier pleinement.  La  première  phrase  de la page du début  racontait  que l’homme devait se nourrir  de la semence de la terre.  La graine germe puis donne la plante. Elle transforme l’humanité. Tout ce qu’il mangeait autrefois lui apportait le mal.

Ses  voisins le regardaient  avec  étonnement.  Les laissant de côté, il restait dans sa vérité. Ayant perdu du poids, il ressemblait à un arbre  sec, sans racines. Sentant  que la sève ne montait plus, il s’accrocha au texte. Le livre du gourou lui permettait de traîner son corps chétif qui refusait de continuer  la marche. Le combat s’installa entre sa double personnalité. La bagarre  fut difficile. Ni l’une ni l’autre ne gagna la bataille.

Il comprit enfin que le corps et l’esprit ne faisaient qu’un.

C’était l’essence même de l’homme. La sérénité accostée, la paix fut proclamée.

L’orage passé, le soleil brilla.

 

 

 

 

A relire !!!

Kaléidoscope d'une vie