L’ESSENTIEL ou la PLÉNITUDE

THÉATRE : LE LIVRE DE MA MÈRE .....


Les louanges à la gloire de la mère disparue sont magistralement bien interprétées par Patrick Timsit mais, c’est un peu triste… Le manque règne en maître tout au long de cette pièce magnifique !

Bien faire un deuil, c’est garder tous les bons souvenirs en oubliant au plus vite les mauvais, sans regret, ni culpabilité !
Il nous reste alors l’héritage transmis par cette maman qui nous a tout donné en essayant, avec son expérience personnelle, de nous faire grandir au mieux de ce qu’elle pouvait et, pour celui qui croit, cette vision des choses, soulagera l’âme de celle qui s’est envolée vers d’autres cieux…

Théatre de L’ATELIER
www.theatre-atelier.com

 

La mort : Extrait du livre "l’homme désaccordé » 

Elle n’accepte pas ce qui vient de lui arriver,  ne pouvant croire qu’il ne serait plus à ses côtés pour la câliner, pour la protéger. Le corps de cire figé dans sa mémoire, freine son élan de vivre. Tous les jours à la même heure,  elle s’en va au cimetière, pour  essayer d’élucider la raison de ce départ inattendu.

Elle admire  son fils serein  dans  l’épreuve, expliquant  à sa mère qu’elle  n’a  plus besoin de venir ici pour porter des fleurs. Son père s’en est allé dans l’au- delà, et les choses matérielles ne comptent plus pour lui. Alors il lui demande de calmer son chagrin pour que la peine de cœur puisse se faire sans s’éterniser. Pleurer longtemps ne sert à rien quand on verse seulement  les larmes  de  son  amour-propre.   Elle  ferait mieux d’oublier de se lamenter sur sa personne, ne se posant  même plus la question  de savoir si le défunt repose en paix, pensant simplement qu’il n’est plus là pour l’accompagner dans sa vie quotidienne.  Certes, le monde profane n’existe plus pour lui mais il peut encore l’aider de sa lumière authentique,  lui permet- tant  de  ne  plus  s’apitoyer sur  son  sort,  souhaitant vivement que l’ego de sa compagne puisse s’en retourner à la terre.

Sur les conseils limpides de celui qui n’est plus, elle choisit donc de faire son deuil, s’habillant de noir pour se retrouver  face à sa conscience,  solitaire  dans  sa réflexion. Des cendres de celui qu’elle aimait, allaient renaître une autre femme. Elle comprit qu’en se reposant sur lui, elle avait été spectateur de sa propre vie. Elle choisissait dans l’instant de la vivre dans sa plénitude. De plus en plus malade, il était temps qu’il s’en aille. Il venait de faire le passage de la terre  vers le ciel, la terrible souffrance engendra sa délivrance.

En découvrant l’énigme, elle se libéra de ses doutes, comme un serpent  laisse sa mue au bord du sentier. C’est ainsi qu’une lumière réconfortante  se mit à l’accompagner de sa présence impalpable. Elle retrouva la foi en lui et en Dieu.  Le soleil se levant toujours après  la nuit,  le printemps  fleurissant  après  l’hiver, elle sut que la vie ne s’arrêtait pas à la mort, continuant  de s’épanouir dans la joie. Alors elle se mit à prier pour lui, après avoir retrouvé un bonheur  nouveau.